Un ange passe …

Marilyn Monroe                  photographiée en 1956                           par le réalisateur Joshua Logan                      chez le producteur William Goetz        qui possédait une version de La petite danseuse de Degas

Le maquis de Montmartre à Paris

Le Maquis de Montmartre

Depuis l’époque médiévale et jusqu’à la fin du XIXe, le Maquis est un terrain délimité par le Moulin de la Galette, la rue Girardon et la rue Caulaincourt, à partir de la place Constantin Pecqueur jusqu’au « Lapin Agile ».

Le maquis disparut en 1909 avec le percement de l’Avenue Junot.

L’unique parcelle qui subsiste aujourd’hui est un rocher, une maison abandonnée et un petit terrain.
Ces derniers vestiges du Maquis se cachent du côté de la rue Lepic.

Ce terrain avait des allures de petit village avec ses cabanes en matériaux de récupération, ses maisons en bois aux airs de chalets et ses maisons en torchis, entourées de jardins de lilas et d’orties et habitées par des artistes.
Paco Durris, Henri Laurens et Francisque Poulbot ont vécu dans le maquis.

Dominé par les moulins ce décor attire aussi les peintres qui côtoient des chiffonniers, des brocanteurs, des artisans et des marginaux.
Parmi eux, il y a Kupka, Maclet, Quizet, Leprin et Utrillo.

Ci-dessus deux photographies du Maquis du début du XXe.
Deux toiles réjouissantes d’Utrillo.
La colline de Montmartre – 1886 van Gogh

La photographie montre, c’est un regard, celui du photographe.
Les tableaux interprètent, c’est un sentiment, celui d’Utrillo et de van Gogh.

Les photos comme les tableaux font de ce lieu de misère une ode à la Vie.

Nona et ses filles – série TV sur ARTE

 

Nona et ses filles

En ce moment, tous les jeudis ou en rediffusion, les 9 épisodes sont disponibles sur ARTE :

C’est une série TV 2021 réalisée par Valérie Donzelli

Le rôle de Nona est joué par Miou-Miou
Ses filles : Clotilde Hesme, Virginie Ledoyen et Valérie Donzelli.
Les garçons : Barnaby Metschurat (la sage-femme), Rüdiger Vogler (le médecin), Antoine Reinartz (l’étudiant  chercheur), Michel Vuillermoz (l’amant  de Nona) et Christopher Thompson (le mari d’une des filles).

Le scénario est co-signé Valérie Donzelli et Clémence Madeleine Perdrillat.

9 épisodes pour traiter le sujet : Une militante féministe, Nona, tombe enceinte à 70 ans. Ses filles décident de s’installer chez elle.

C’est à la fois grave et léger

Valérie Donzelli filme tour à tour une comédie, un drame, une comédie musicale.

C’est baroque, loufoque,  un bonbon acidulé.

Parfois les cadres sont de guingois et les scènes sont un tout petit peu agaçantes mais, la sauce prend à merveille.

Les comédiens jouent juste.

Un conte d’amour

Cette série féministe est délicieusement cocasse et touchante.

A regarder sans modération !

Joséphine Baker

Photographie de Walter Limot (conservée au musée Carnavalet)

Prise sur le tournage du film « Zouzou » réalisé par marc Allégret en 1934

Meneuse de revue, comédienne, résistante durant la Seconde guerre mondiale, militante antiraciste, Joséphine Baker 46 ans après sa disparition est honorée par son pays d’accueil en devenant la sixième femme et, la première femme noire, à entrer au Panthéon.

Dans ses mémoires recueillis par le journaliste Marcel Sauvage, elle dira de Paris : « J’ai bien vite compris Paris et je l’aime passionnément. D’abord Paris m’a adoptée dès le premier soir. Il m’a fêtée, comblée… aimée aussi, j’espère. Paris, c’est la danse et j’aime la danse ».

Elle est arrivée à Paris à l’âge de 19 ans, enrôlée dans la Revue Nègre, elle se produit pour la première fois en tête d’affiche le 2 octobre 1925.

Joséphine Baker (1906-1975)
Entrée au Panthéon ce mardi 30 novembre 2021

La conque de Marsoulas

Après bien des tâtonnements les chercheurs et les paléontologues ont établi que cette conque avait une fonction d’instrument de musique

Les hommes de la période du Magdalénien ont retaillé et décoré cette conque pour la transformer en instrument de musique

Trois notes venues du fin fond des Âges.
Trois notes qui nous font remonter le temps à la vitesse de la lumière.

Trois notes de musique que nos ancêtres ont façonné dans un coquillage
Trois notes de musique qui nous racontent notre Préhistoire
Trois notes de musique qui nous parlent de notre humanité

Il y a 18 000 mille ans nous chassions et nous cueillons et ce que nous appelons aujourd’hui l’Art coulait  déjà dans nos veines.
Les peintures rupestres des grottes en attestent, les gravures sur les os le prouvent et cette conque le chante.

Il y a 18 000 mille ans, nous écoutions les musiques de l’air et de l’eau
Le bruissement des feuilles agitées par le vent
Le hurlement de l’air s’engouffrant dans les grottes
Le tintement de la pluie sur les pierres
Les grelots de l‘eau des torrents
La mélodie du ressac des vagues

Alors l’homme voulu créer la musique des hommes
Il souffla dans un coquillage et le modifia jusqu’à en extraire trois notes
Do do dièse et ré

Et nous avons recueilli cette musique

Avec le temps la terre a modifié les roches, les vents, les mers, mais pas la musique des hommes. Notre Terre et son climat ont changé mais la musique des hommes est immuable.

Ce n’est pas un miracle, c’est notre intelligence, c’est l’héritage de notre humanité.

Do do dièse et ré

La grotte de Marsoulas (Haute-Garonne, France) se situe dans le piémont pyrénéen.

Elle est la première grotte ornée découverte dans cette région en 1897. Elle recèle un art pariétal abondant et renferme des niveaux archéologiques attribués au début de Magdalénien. Elle est classée monument historique le 8 janvier 1910.

Les fouilles qui permirent la découverte du coquillage enfoui devant la grotte eurent lieu en 1931. Le coquillage marin était à 1,60 m sous le niveau d’humus parmi d’autres vestiges archéologiques.

Ce coquillage porte le nom scientifique de Charonia lampas. Il est originaire de la Mer du Nord. Il a de grandes dimensions qui démontrent son adaptation aux conditions de vie en eau froide : 31 cm de long pour 18 cm de large et une coquille de 0,8 cm d’épaisseur.

Ces fouilles furent menées conjointement par le propriétaire de la grotte Henri Begouën (chargé de cours à l’université de Toulouse) et James Townsend Russell (de la Smithsonian Institution à Washington).

Merci à l’équipe pluridisciplinaire du CNRS, du Muséum de Toulouse, de l’Université Toulouse et du musée du Quai Branly
Qui a mis à profit les progrès de la culture scientifique pour, 30 ans après sa découverte, permettre de déterminer que cette conque a été détourée pour devenir un instrument de musique.
Les chercheurs ont publié leur découverte dans la revue Science Advances.

Les scientifiques, les archéologues et le corniste ont observé que l’apex (la partie pointue du coquillage) avait été tronqué méthodiquement pour dégager une ouverture arrondie de 3,5 cm.
Le coquillage a été perforé pour intervenir sur la circulation de l’air à l’intérieur. L’ouverture de l’apex permettant d’insérer un embout. Cela a été mis en évidence par une numérisation très précise réalisée au CNES (Centre national d’Études Spatiales) qui a permis d’explorer les structures internes du coquillage sans le casser.
Ainsi nous pouvons affirmer aujourd’hui, que ce coquillage a fait l’objet de modifications humaines préhistoriques dans le but de pouvoir souffler dedans.

Après traitement d’image, des traces d’ocre rouge en forme de points et de traits, permettent d’affirmer que le coquillage a été décoré sur ses parties externe et interne.

Exceptionnel par son épaisseur et ses dimensions, ce coquillage nous donne accès à un univers sonore immatériel, l’univers sonore de nos ancêtres,
le son de notre préhistoire.

Do do dièse et ré

Pour écouter le son de la conque.
Entrez sur le Net :  Marsoulas  Schell Conch Sond

Le goût du Sud

Le mur du jardin – 1910

Quand John Singer peint la chaleur, sa lumière dilue les formes

Le soleil est à son zénith
Les pierres et la terre chauffées à blanc crachent leurs sucs
Les cigales se sont tues
L’air se découpe au couteau 
Une mouche vole 

C’est le goût du Sud, le goût du soleil 

Petit point sur les sorcières qui caracolent sur des balais …

 

Cette enluminure est extraite d’un manuscrit médiéval français, illustré par Martin Le Franc en 1451 et titré Le Champion des Dames

C’est à ce maître que l’on doit les premières représentations des sorcières à cheval sur des balais.

Le chapeau pointu, la peau verte, les verrues et le poil de barbe, viendront fleurir la sorcière au fil du temps.

Le maître du Champion des Dames est un enlumineur et cartonnier pour tapisserie du XVe. C’est un religieux né en 1410 et mort en 1461.
C’est un poète de langue française qui a travaillé hors de France au service de la maison de Savoie.

Son style particulier a permis d’identifier ses manuscrits.
Son œuvre principale est le manuscrit du Champion des Dames qui est un vigoureux plaidoyer où l’auteur prend la défense des femmes.

Il doit son nom à ce manuscrit :
Un poème en 472 huitains octosyllabiques à maître Martin le Franc son auteur.

Le sujet du manuscrit est,  les lamentations de son auteur Martin Le Franc qui n’a pas eu tout le succès qu’il espérait auprès des dames.

Ci-dessous trois miniatures extraites du Champion des Dames, suivies d’une illustration de sorcière du XXIe

Folio 56_2r.


Folio 413, r.
Catherine, Marie-Madeleine et Franc-Vouloir


Folio 437, v.
L’auteur Martin Le Franc

Et voilà la sorcière devenue … au XXIe !

Le trou de serrure

 

Félix Vallotton

Intérieur avec une femme en rouge  – 1903

Huile sur toile conservée au musée Kunsthaus à Zurich, en Suisse.

 

Vallotton place le regardant devant un trou de serrure.

Le télescope des cadres en enfilade
conduit notre regard jusqu’au lit.
Le désordre jalonne les pièces. Une chemise est jetée sur une banquette, une robe est négligemment posée sur un fauteuil.

Dans l’espace du regardant, une femme en robe de chambre rouge, s’est arrêtée.  Elle nous tourne le dos.

Le tableau raconte une histoire.…

Le peintre privilégie la ligne.
Une lumière douce se promène dans le décor effleurant les couleurs.
C’est un clin d’œil aux maîtres hollandais du XVIIe.

Vallotton peint l’opacité et la complexité du monde. Le peintre a réussi un tableau mystérieux.

Le tableau se mêle de la vie et nous distraie.

Petite musique …

Ce tableau de Picasso, Mère et enfant-1922, tinte comme un chant d’oiseau.
Quand les virgules au crayon  génèrent vitalité et lumière, le dessin s’éclaire. La couleur et l’émotion effleurent.