Petite musique …

Ce tableau de Picasso, Mère et enfant-1922, tinte comme un chant d’oiseau.
Quand les virgules au crayon  génèrent vitalité et lumière, le dessin s’éclaire. La couleur et l’émotion effleurent.

Portrait de Jeanne-Julie-Louise Le Brun se regardant dans un miroir – Élisabeth Vigée Le Brun 1786

Un gros coup de cœur

Pour ce portrait de petite fille, miroir fidèle aux idées et à la sensibilité de la seconde moitié du XVIIIe.
C’est le temps où J.J. Rousseau publie L’Émile ou l’Éducation –1742.

L’enfant s’amuse à se regarder et à regarder sa mère.

Élisabeth Vigée Le Brun démultiplie le visage de sa fille.
Avec ce double portrait, elle joue avec la réalité et l’illusion.
C’est l’apanage du peintre et de la peinture !

Élisabeth Vigée Le Brun exprime sa fusion avec son enfant.
Sa fille est son héros.
Sa fille est unique.
Terriblement encrée dans le réel à en devenir « surréaliste ».

En la représentant de profil et de face, la peintre crée un tableau dans son tableau.

Élisabeth Vigée Le Brun est une artiste impressionnante et résolument moderne.

Elle nous offre avec ce tableau un moment sincère de tendresse et de grâce infinie.

L’huile sur toile est conservée à New-York,
Au Métropolitan Museum of Art

Evelyn Brent -1920

En 1920, le studio Gorgeous a fixé pour l’éternité  le beau profil de l’actrice américaine, Evelyn Brent (1899-1975).
Sa carrière compte plus de 120 films dont un peu plus de 2 douzaines de films muets (dont 3 avec Joseph Sternberg).

Le lapin psychotique

 

 

Ce lapin, c’est Jack Nicholson dans Shining de Kubrick -1980 !

Le moine copiste devait s’ennuyer ferme lorsqu’il a peint ce lapin dans la marge d’un manuscrit médiéval.

Plus sérieusement, dans les manuscrits médiévaux les deux aspects du monde, l’un pieux et sérieux et l’autre comique cohabitaient.
Il y avait le lieu de la lecture et la marge pour se distraire.

Les pages des manuscrits des XIIIe et XIVe comportent, côte à côte, des enluminures pieuses illustrant le texte et des séries de dessins de chimères d’inspiration libre, sans rapport avec le texte.

Ces images de fantaisie existent mais ne fusionnent pas avec les images pieuses. Elles fonctionnent les unes par rapport aux autres à l’intérieur d’une même page, ou bien à travers une chaîne de motifs qui se répondent tout au long du livre.

L’incongruité de l’art des marges ne s’adresse pas à notre imagination comme le feront plus tard les rencontres fortuites dans les tableaux d’artistes comme Magritte ou Ernst.
Les images des situations humoristiques ou irrévérencieuses des manuscrits médiévaux ont un rôle de distraction comme le font les petits monstres qui sillonnent les écrans des jeux vidéo.

Ces singeries,  comme on en voit dans le manuscrit de Heures de Marguerite (XIVe) se retrouvent dans les bordures des vitraux de la même époque, à la cathédrale de York ou sur les aubes liturgiques faites pour l’abbaye de Westminster.

Pourquoi ces hauts commanditaires étaient-ils fascinés par ce monde simiesque ivre et titubant dans les marges de leurs vies bien réglées ?

Les marges étaient  le siège de forces puissantes.
Le passage de l’hiver à l’été ou du jour à la nuit était un dangereux moment de chevauchement avec l’autre monde.

Les enlumineurs peignaient les créatures qu’ils s’attendaient à rencontrer aux confins du monde crée par Dieu.

Celui qui a peint le lapin n’avait pas la conscience tranquille !

Dans un premier temps le scribe et l’artiste ne font qu’un, le scribe enlumineur monastique du VIIIe était un personnage révéré.
À partir du XIIIe l’enlumineur intervient après le copiste, ce sont des professionnels payés à la page.
Le scribe suit la réglure des lignes.
Et l’enlumineur réalise les images des marges, en leur assignant la place délimitée par les règles qui régissent cet espace ludique.

À la fin du XIIIe tous les textes ont leurs marges illustrées.
Les bibles, les livres d’heures, les romans sont remplis d’annotations visuelles.

Revenons à notre lapin
Quelle est sa signification ?

L’image ci-dessus est extraite du bréviaire de Renaud de Bar (XIVe)
Une compagnie de chiens monte l’assaut d’un « château d’amour » gardé par des lapins. Ces chiens symbolisent une tentative de conquête friponne.
Le lapin est associé au sexe féminin.

Alors le lapin brandissant une hache… à vous de voir !

Déesse UMAY – Religion des turcs de l’Orkhon des VIIe et VIIIe siècles

 

La déesse UMAY tient une place à part dans la mythologie turque.
Une place plus grande qu’elle ne tiendra jamais dans la suite des temps.

UMAY est l’être dans sa vie prénatale.
Elle représente la force motrice de l’individu, sa conscience profonde, son destin humain.

UMAY est le dieu qui protège les enfants et répand l’abondance sur terre.
Elle est le symbole des naissances et des fruits.

 

 

 

Une fleur du ciel – un spécimen de « Vanessa cardui » photographié par Paul Starosta

Le « Vanessa cardui » ou belle-dame est un papillon migrateur
L’équipe espagnole de l’institut botanique de Barcelone  nous parle de ses couleurs : le jaune vient du sable du Sahara, l’ocre de l’Afrique tropicale, le blanc des pics enneigés des alpes et les éclats de bleus sont le reflet de la Méditerranée.

À chaque printemps, ce papillon transite par nos jardins.
Il arrive des rivages de l’Afrique du Nord.
Son séjour en France est bref, ses descendants doivent rejoindre à temps  leur port d’attache estival, le nord de l’Europe.
La migration printanière et estivale  mobilise quatre ou cinq générations, entrecoupée d’escales consacrées à la reproduction.

À l’automne le belle-dame s’envole depuis le nord de l’Europe, pour l’Afrique équatoriale. La migration automnale s’accomplit en une seule génération.
Pour ce vol  retour,  le belle-dame vole une distance de plus de 4000 km.

Sacré papillon !
son poids 140 à 180 mg.
son envergure 4,2 à 6,6 cm

L’art, les iris

La floraison des iris de Bouffelaure en avril 2021
Le tableau de Van Gogh peint en Arles en avril 1888
De la photographie au tableau,
« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ».
Comme dans le poème Correspondances de Baudelaire,
Les iris « chantent les transports de l’esprit et des sens ».